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Sunday, December 19, 2010

Les Troyens in Berlin (DOB)

Les Troyens, Deutsche Oper Berlin, December 11 2010


Conductor ..... Donald Runnicles
Director ..... David Pountney
Stage design ..... Johan Engels
Costume design ..... Marie-Jeanne Lecca
Chorus master ..... William Spaulding

Énée ..... Ian Storey
Chorèbe ..... Jean-Francois Lapointe
Panthée ..... Seth Carico
Narbal ..... Reinhard Hagen
Iopas ..... Gregory Warren
Ascagne ..... Jana Kurucová
Cassandre ..... Petra Lang
Didon ..... Béatrice Uria-Monzon
Anna ..... Liane Keegan
Priam ..... Lenus Carlson
Greek military leader ..... Sergio Vitale
Hector's shadow ..... Stephen Bronk
Hélénus ..... Yosep Kang
A soldier ..... Ben Wager
Two Trojan soldiers ..... Ben Wager
Two Trojan soldiers ..... Lenus Carlson
Mercure ..... Stephen Bronk
Hécube ..... Fionnuala McCarthy
Andromache ..... Etoile Chaville

Chor der Deutschen Oper Berlin
Orchester der Deutschen Oper Berlin
Opernballett der Deutschen Oper Berlin

J’avais entièrement terminé à cette époque l’ouvrage dramatique dont je parlais tout à l’heure et dont j’ai fait mention dans une note d’un des précédents chapitres [allusion aux Troyens; voyez ci-dessus]. Me trouvant à Weimar quatre ans auparavant chez la princesse de Wittgenstein (amie dévouée de Liszt, femme de cœur et d’esprit, qui m’a soutenu bien souvent dans mes plus tristes heures), je fus amené à parler de mon admiration pour Virgile et de l’idée que je me faisais d’un grand opéra traité dans le système shakespearien, dont le deuxième et le quatrième livre de l’Énéide seraient le sujet. J’ajoutai que je savais trop quels chagrins une telle entreprise me causerait nécessairement, pour que j’en vinsse jamais à la tenter. "En effet, répliqua la princesse, de votre passion pour Shakespeare unie à cet amour de l’antique, il doit résulter quelque chose de grandiose et de nouveau. Allons, il faut faire cet opéra, ce poème lyrique; appelez-le et disposez-le comme il vous plaira. Il faut le commencer et le finir." Comme je continuais à m’en défendre: "Ecoutez, me dit la princesse, si vous reculez devant les peines que cette œuvre peut et doit vous causer, si vous avez la faiblesse d’en avoir peur et de ne pas tout braver pour Didon et Cassandre, ne vous représentez jamais chez moi, je ne veux plus vous voir." Il n’en fallait pas tant dire pour me décider. De retour à Paris je commençai à écrire les vers du poème lyrique des Troyens. Puis je me mis à la partition, et au bout de trois ans et demi de corrections, de changements, d’additions, etc., tout fut terminé.
Hector Berlioz, 1864